«Journée noire pour les poissons migrateurs»
18 | 11 | 2016 SchweizArtikel: FV Aarau, WWF, Aqua Viva, ASA 01687
18 | 11 | 2016 Schweiz
Artikel: FV Aarau, WWF, Aqua Viva, ASA 0 1687

«Journée noire pour les poissons migrateurs»

L'Association argovienne de pêche, Aqua Viva, ASA et WWF regrettent la décision du tribunal administratif d'Argovie : celui-ci a jugé que la centrale hydroélectrique d'Aarau n'a pas à étudier plus avant les solutions permettant d'assurer la migration des poissons en aval. Cela reviendrait à accepter que des poissons soient pris dans des filets pendant le passage de la turbine.


Ruedi Bösiger, responsable du projet "Salmon Comeback" au WWF, déclare : "C'est un jour noir pour les poissons migrateurs en Suisse. Si ces turbines restent le statu quo pour les nouvelles centrales hydroélectriques, le retour des poissons migrateurs de longue distance comme le saumon dans l'Aar est difficilement concevable à moyen terme". Benjamin Leimgruber, directeur adjoint d'Aqua Viva, ne comprend pas non plus cette décision : "La loi fédérale sur la pêche stipule clairement que la migration des poissons doit être assurée au niveau des centrales électriques. Dans l'évaluation des incidences sur l'environnement, pratiquement aucune précision n'a été apportée pour assurer la migration des poissons. La loi applicable a été violée. Il ne faut pas permettre que des poissons tels que l'anguille, l'ombre et le nase continuent à être tués en masse dans les turbines."

Les quatre organisations opposantes critiquent le fait que les questions relatives aux possibilités techniques de la centrale d'Aarau ont été examinées par le Tribunal administratif au lieu d'être examinées sur la base de principes transparents et compréhensibles par les services spécialisés compétents des autorités dans le cadre de l'examen de la concession.


Un laissez-passer pour reporter les solutions ?

"Cet arrêt donne aux exploitants de grandes centrales un laissez-passer pour continuer à reporter les mesures de protection des poissons descendants sans avoir à chercher des solutions", déclare M. Bösiger. Dans son jugement, le tribunal administratif se réfère à la disposition inhérente à la concession, selon laquelle des adaptations à l'état de la technique peuvent être ordonnées, et évoque l'assainissement à venir dans le cadre de la nouvelle loi sur la protection des eaux. "Il est paradoxal, dit Bösiger, que le besoin d'assainissement de l'usine nouvellement apparue et autorisée soit déjà établi et que, selon la planification, il doive ensuite être achevé d'ici 2022."


Envisager le déménagement

En 2015, la FV Argovie et les trois autres organisations avaient conjointement déposé une plainte contre le projet de renouvellement de l'autorisation de la centrale et exigé des clarifications plus détaillées pour la protection et la migration des poissons dans le cadre du rapport d'impact environnemental. Ils étudieront le dossier de l'arrêt de la centrale d'Aarau dans le délai légal et envisageront un nouveau recours.


Voici ce qu'en disent les exploitants de centrales électriques

"Notre objectif est de réaliser une production d'électricité aussi respectueuse des poissons et de l'environnement que possible, en utilisant des connaissances et des mesures sûres aujourd'hui. Avec les mesures choisies, nous atteindrons un taux de survie des poissons de 80 à 95 %, selon la longueur du poisson, ce qui constitue une amélioration significative par rapport à la situation actuelle. Nous intégrerons les nouvelles découvertes dans le projet et, en particulier, nous tiendrons compte des dernières connaissances lors du choix des turbines. Nous comptons sur un régime intelligent et flexible pour la migration des poissons.

Lorsque la migration des poissons aura été mieux étudiée (des projets correspondants sont en cours), le régime d'exploitation pourrait également être adapté à ces phases de migration. En langage clair, cela signifie qu'il faut épargner l'anguille lorsqu'elle veut descendre. Et ne pas installer de barrages mettant en danger les inondations dans nos grandes eaux tout au long de l'année.

Nous regrettons la décision des organisations environnementales d'aller en justice, alors que nous avions collaboré avec les deux cantons de Soleure et d'Argovie et leurs services spécialisés pour élaborer un très bon projet à tous points de vue (production d'électricité, mesures environnementales et orientation des visiteurs)."

Dr Hans-Kaspar Scherrer, IBAarau AG

 

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